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adj. m. & f. Vassal qui tient une certaine sorte de fief qui le lie envers son Seigneur dominant d'une obligation plus estroite que les autres. Ce mot vient d'une ceremonie qu'on faisoit en rendant la foy & hommage, de lier le pouce au Vassal, ou de luy serrer les mains dans celles du Seigneur, pour monstrer qu'il estoit lié par son serment de fidelité, comme disent Pontanus, Gui, Pape & Upton. Cujas, Vignier & Mr. Bignon croyent que ce mot vient de la même source que leudis ou leodis, qui signifioit leal & fidelle. Mais Du Cange est de l'advis de ceux qui croyent que ce mot vient de litis, qui estoit une espece de serfs attachez tellement au service de leur Maistre à cause des heritages ou fiefs qu'ils tenoient de luy, qu'ils estoient obligez à luy rendre toutes sortes de services, comme s'ils estoient ses domestiques : & il pretend qu'on disoit autrefois litgium servitium, & qu'on escrivoit litge. Il estoit obligé à servir son Seigneur tant en guerre qu'en jugement, c'est à dire, à servir d'Assesseur pour juger les causes. Par l'hommage lige, le Vassal estoit obligé de servir son Seigneur envers tous & contre tous, excepté contre son pere. Ce mot est opposé à l'hommage simple, qui obligeoit simplement à payer les droits & devoirs ordinaires, & non point au service contre l'Empereur, le Duc ou autre Seigneur superieur : ensorte que l'homme lige estoit comme donné & dévoüé au Seigneur, & estoit entierement sous sa puissance. Le Seigneur lige, est le Seigneur prochain & immediat dont on releve nuëment, ligement & à ligence, c'est à dire, sans moyen. Tels estoient les hommages que le Roy d'Angleterre a rendus au Roy de France à cause de Duché de Guyenne, & les Comtes de Flandres & d'Artois pour leurs Seigneuries.

Homme lige, hommage lige, fief lige, garde lige, se dit en parlant de l'obligation qu'a le vassal à garder le chasteau ou la personne du Seigneur. On disoit aussi, une protection lige, une puissance lige, une foy lige, & en autres occasions, pour dire, entiere, totale.

LIGE, est aussi un droit de relief qui se paye au Seigneur en cas de mutation de fief. Il est fixé en quelques lieux à dix livres pour plein lige ; en d'autres, à la moitié, ou au quart de cette somme ; & on le nomme alors demy-lige ou quart de lige.